Ukraine : Des « garanties de sécurité » ?! 13 janvier 2026
A un mois de l’anniversaire du début de la guerre en Ukraine, le 24 février 2022, les réunions se multiplient autour de projets pour arrêter cette guerre. Les protagonistes en sont Trump et ses conseillers, les « Européens », et les membres de la « coalition des volontaires pour l’Ukraine », Poutine et ses négociateurs et, bien sûr, Zelensky et les siens. C’est un véritable tourbillon diplomatique qui s’est développé depuis novembre et dont le dernier épisode s’est déroulé à Paris, le 6 janvier, avec une réunion des représentants de 35 Etats membres de la « coalition des volontaires », la présence de Witkoff et Kushner, conseillers spéciaux de Trump, et celle de Zelensky (1). Les présidents de séance étaient Macron, Merz et Starmer, mais c’est évidemment Macron qui a voulu apparaître comme le chef d’orchestre de cet événement. Il a beaucoup insisté sur la présence des représentants de l’administration Trump et a rappelé qu’il avait l’intention de s’entretenir avec Poutine, sans lequel aucun plan n’a de chance de réussir.
Le point principal de cette réunion, c’est l’accord sur « les garanties de sécurité robustes pour une paix solide et durable », pour l’Ukraine et pour l’Europe. Ces garanties se projettent après la conclusion d’un accord de cessez-le-feu. Elles consistent à mettre en place « des mécanismes de surveillance du cessez-le-feu, placés sous le leadership américain » ; la mise en place, « en première ligne de défense et de dissuasion » des forces armées ukrainiennes, avec un objectif de 800 000 hommes ; et une fois le cessez-le-feu acté, « le déploiement d’une force multinationale dans les airs, les mers et sur le sol », « loin de la ligne de contact ». Ces engagements devraient être actés par des textes juridiques. La partie aide à la « reconstruction et de soutien économique » a également été abordée, avec « des contributions des USA et celles des Européens », pour « un plan de prospérité » pour l’Ukraine.
Un plan pour « après le cessez-le-feu », qui évite d’en définir le contenu
Trump s’était fait fort de régler la question du conflit en Ukraine en quelques mois, grâce à ses relations avec Poutine et sa capacité à forcer la main de ses « alliés » européens et celle de Zelensky.
Le cours qu’il a fait prendre à la politique internationale de l’impérialisme US ces derniers jours a mis la question de l’Ukraine au second plan de ses priorités. Maître en provocations et en division, il demande aux « Européens », à Poutine et à Zelensky de régler cette question, sans mettre en cause les intérêts des monopoles US de l’armement, du pétrole, de l’extraction minière, de l’agriculture, de la construction… pour ne citer que ceux qui sont déjà impliqués dans cette guerre et dans la captation des richesses de l’Ukraine et qui lorgnent sur les affaires à réaliser en Russie.
Ses représentants à la réunion de Paris ont beaucoup remercié, félicité… mais ne se sont pas engagés concrètement. Ils ont encouragé les Européens à continuer à « prendre en mains leur sécurité », ce que n’a cessé d’exiger Trump, mais sans formuler ses accusations méprisantes et provocatrices et son mépris affiché pour les « règles du droit international ».
L’empressement de Macron à parler de « l’après-cessez-le-feu » traduit les désaccords de fond sur la question même d’un éventuel cessez-le-feu, et des concessions à faire par chacun des participants directs et indirects à cette guerre entre puissances et blocs impérialistes.
Sur la table, il y a le texte en 27 points concocté par l’administration Trump et discuté avec les émissaires de Poutine. Il entérine le passage sous le contrôle de la Russie des quatre régions du Donbass et de la Crimée. Trump fait pression sur Zelensky pour qu’il l’accepte. Ce dernier fait la navette entre Washington et les capitales européennes pour éviter de céder tous ces territoires, dont deux au moins, Zaporijia et Kherson ne sont pas sous contrôle total de l’armée russe. Il serait prêt à envisager que cette vaste région soit démilitarisée et devienne une zone tampon avec la Russie.
En saluant les efforts de Trump et en s’engageant à envoyer des troupes en Ukraine, Macron et Merz vont dans le même sens, sans le dire ouvertement.
Mais cela signifie aussi que l’armement de l’Ukraine, le renforcement de ses forces armées et la militarisation à marche forcée de l’Europe vont se poursuivre. ★
