Parti Communiste des Ouvriers de France

Un nouveau pas franchi dans la colonisation israélienne en Palestine
10 mars 2026

Alors que Netanyahu met la région à feu et à sang en bombardant l’Iran et le Liban, Israël continue son entreprise de colonisation de la Palestine. Le 8 février, le cabinet du premier ministre a pris une série de décisions qui constituent un nouveau pas vers une annexion de fait de la Cisjordanie.

Ces mesures concernent principalement la propriété des terres et ouvrent toujours plus la porte à l’accaparement légal des territoires palestiniens par les colons. Le gouvernement a ainsi étendu son autorité légale sur le foncier et l’urbanisme à l’ensemble du territoire palestinien qui, depuis les accords d’Oslo, étaient sous la responsabilité de l’Autorité Palestinienne dans les zones dites A et B. Il met aussi fin à la loi jordanienne qui interdisait la vente de terres palestiniennes à des étrangers ou des israéliens et ouvre l’accès public aux régimes cadastraux. Cette dernière mesure, qui pourrait paraître de bon sens, permettra en fait aux colons d’identifier les Palestiniens propriétaires des terres dont ils veulent s’emparer et de les harceler par des menaces et des pogroms, qui se sont multipliés ces derniers mois, pour les forcer à vendre et abandonner leurs terres.

Une autre mesure, qui pour la première fois depuis 1967 rouvre l’enregistrement des terres palestiniennes, permettra de les classer comme territoire d’Etat et ainsi d’en assurer l’administration sous prétexte de protection de l’environnement, des ressources en eau et des sites culturels en arguant que les Palestiniens ne sont pas capables de les administrer et de les protéger alors qu’évidemment c’est l’occupant qui est responsable de cette impuissance. Cette décision a été complétée, le lendemain, par l’extension des frontières municipales de Jérusalem qui ouvre la voie à l’installation légale de nouvelles colonies pour continuer d’isoler les quartiers palestiniens de l’Est de la ville du reste de la Cisjordanie. Si le gouvernement israélien ne semble pas vouloir déclarer l’annexion de la Cisjordanie, seule ligne rouge que Trump ait énoncée, l’objectif est clair.

Il est revendiqué ouvertement par Smotrich, le ministre suprémaciste juif des finances, également attaché à la défense, selon lequel cela « enterre l’idée d’un Etat palestinien ».

Une des raisons de cette avalanche de mesures, c’est que les sionistes veulent pousser leurs pions le plus loin possible avant les prochaines élections, dont le résultat est particulièrement incertain et assurer leur objectif d’atteindre le million de colons en 5 ans, contre 500 000 aujourd’hui.

En parallèle de cette offensive législative, le harcèlement et la répression de la population palestinienne ne fait que s’intensifier encore et toujours.

L’armée d’occupation a multiplié au cours du mois dernier les opérations d’intimidation et de terreur.

Elle a envahi de nuit le village de Saffa près de Ramallah au centre du pays, procédant à de multiples arrestations, interrogatoires, plantant des drapeaux israéliens partout dans le village et installant de nouveaux checkpoints pour entraver la circulation des habitants. Elle a fait de même à Silwan, au Sud de Jérusalem-Est, où les troupes et la police israéliennes ont envahi le village avec l’objectif de démolir une centaine de bâtiments ce qu’elles ont fait, malgré une décision de la Cour centrale israélienne, faisant plusieurs blessés et empêchant les ambulances d’entrer dans le quartier. Dans la nuit du 27 au 28 janvier, l’armée a effectué des raids dans plusieurs villes de Cisjordanie comme Bethléem, Naplouse, Tulkarem et Hébron. A Hizma, un quartier de Jérusalem-Est, elle a imposé un blocus de deux jours aux 10 000 habitants, inspectant les foyers un par un, perpétrant agressions, humiliations et dégradations.

L’opération s’est soldée par deux morts et au moins 130 arrestations dont plusieurs femmes et enfants.

Au cours des 28  derniers mois ce sont plusieurs dizaines de milliers de Palestiniens qui ont été capturés et enfermés en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupée.

Quand l’armée n’effectue pas elle-même les raids, elle assure la protection de groupes de colons qui harcèlent les villages palestiniens qu’ils veulent conquérir. Cela a encore été le cas le 18 février dans le village de Mikhmas au nord-est de Jérusalem. Pour la cinquième fois en trois mois, les colons ont attaqué le village et sa communauté bédouine en toute impunité. Ils ont incendié des dizaines de bâtiments, blessé gravement par balle cinq habitant et volé des centaines de moutons. ★