Un « plan de paix » qui assoit la domination US sur la région en sauvant le fasciste Netanyahu 10 octobre 2025
Le 29 septembre, Trump a dévoilé son « plan de paix » pour Gaza en vingt points. Dans les médias on le présente comme la décision de Trump de mettre fin à la guerre et de l’imposer à Netanyahu.
On peut comprendre le soulagement que suscite à Gaza et en Israël, le cessez-le-feu, a fortiori l’arrêt de la guerre. Cela ne gomme en aucun cas la responsabilité du génocide de l’Etat sioniste et de tous ceux qui l’ont soutenu, à commencer par l’impérialisme US et ses dirigeants.
Dans les faits, ce plan ne fait qu’entériner le plan sioniste du « grand Israël ». L’ultimatum qu’il contient ne s’adresse concrètement qu’au Hamas, qui doit accepter un plan qui signifie sa propre liquidation alors qu’Israël a juste dû « présenter des excuses au Qatar » pour le bombardement du 9 septembre. Malgré la demande US d’arrêter les bombardements et le point 3 qui stipule un retrait de l’armée israélienne de la bande, Netanyahu, après son acceptation, a continué les bombardements sur Gaza et a déclaré officiellement que l’armée israélienne resterait sur « la plupart de ses positions ». Enfin, il a rajouté qu’il n’avait « absolument pas accepté un Etat palestinien » et que celui-ci ne verrait jamais le jour. Si certains points du plan évoquent vaguement la reconstruction de l’enclave pour ses habitants, une garantie de non-annexion et que « personne ne sera forcé de quitter Gaza », les Palestiniens sont exclus du processus et rien n’est dit sur la poursuite de la colonisation de la Cisjordanie qui s’en trouve entérinée dans les faits.
Les Palestiniens seraient mis sous tutelle impérialiste de la manière la plus méprisante avec une mise en œuvre confiée à Tony Blair, ex-premier ministre britannique. Rappelons que c’est un autre dirigeant britannique, Balfour, qui, par sa déclaration de 1917, a soutenu le projet sioniste qui mènera à la création d’Israël au mépris des droits du peuple palestinien. En effet, le sort des Gazaouis est confié à « un comité technique d’experts palestiniens et internationaux nommés par une nouvelle instance », le « Conseil de la paix » comprenant Blair et Trump, qui le préside, mais dont sont exclus d’office « le Hamas et les autres factions » palestiniennes.
Sa mission sera de gérer les affaires courantes mais surtout de favoriser les investissements avec la création d’une zone franche de commerce. Cela fait penser au projet trumpien de Riviera à Gaza dans lequel Blair, par ailleurs réputé proche de Netanyahu, s’était déjà beaucoup investi.
L’empressement des gouvernements occidentaux et de leurs relais médiatiques à soutenir ce plan révèle leur hypocrisie vis-à-vis du peuple palestinien qu’ils prétendent soutenir.
C’est tout particulièrement le cas de Macron qui a organisé une reconnaissance officielle mais purement symbolique de l’Etat de Palestine à l’ONU, tout en ne prenant aucune mesure concrète contre Israël pour faire cesser le génocide et qui continue de réprimer le mouvement de solidarité.
Son ministre des affaires étrangères démissionnaire J.N. Barrot a déclaré qu’il s’agit d’un moment « décisif » pour permettre à Israël de regagner un soutien international. Le gouvernement français revendique même d’avoir explicitement inspiré une partie de son contenu. Les seuls points véritablement concrets, à part l’échange de prisonniers (250 condamnés à perpétuité et 1700 Gazaouis capturés après le 7 octobre) contre les otages, se traduisent par l’éviction des Palestiniens de la structure de direction politique et économique, la démilitarisation du Hamas avec, en contrepartie, une possible amnistie pour les membres du Hamas qui auront rendu les armes et accepté une « coexistence pacifique » avec Israël. On voit donc une volonté claire de laisser faire l’impérialisme américain et de continuer à soutenir l’Etat sioniste alors que celui-ci est de plus en plus massivement dénoncé dans le monde entier par les peuples.
Cette solidarité s’est manifestée à travers le mouvement autour de la flottille Global Sumud.
Comme nous l’avons dit dans notre communiqué, « Ce plan doit être dénoncé comme étant un plan impérialiste visant à assurer la domination de l’impérialisme US sur la région du Moyen-Orient et à sauver le fasciste Netanyahu », qui va pouvoir continuer, en toute impunité, à dérouler son plan de colonisation et d’annexion de la Cisjordanie.
Les mobilisations populaires, syndicales et étudiantes doivent continuer pour imposer l’arrêt du génocide par des sanctions et l’acheminement d’une véritable aide humanitaire à Gaza. ★
