Une COP30 sous de mauvais auspices ! 12 novembre 2025
La 30 e conférence de l’ONU sur le climat qui se tiendra à Belém, au Brésil, va commencer ses travaux le 10 novembre. Ceux-ci s‘annoncent très laborieux tant la conjoncture internationale est loin d’être favorable aux mesures que les Etats devraient prendre pour limiter leur production de gaz à effet de serre (GES). La guerre menée dans plusieurs pays, et notamment en Ukraine, la montée de l’extrême droite et sa présence au sein de plusieurs gouvernements des pays européens, le climato-scepticisme revendiqué de Trump, la concurrence exacerbée entre les grandes puissances… sont des facteurs qui ne jouent pas en faveur d’engagements forts pour faire face et limiter le réchauffement climatique.
L’Union européenne en particulier a beaucoup de mal à se mettre d’accord sur la présentation d’un plan climat tant les intérêts de chaque Etat priment sur les intérêts collectifs et surtout sur l’intérêt général qui exige des mesures fortes pour tenter de limiter le réchauffement de la planète. Les contradictions sont telles que l’UE n’a pas été en mesure de présenter ses nouveaux engagements à dix ans avant le 30 septembre comme l’avait demandé l’ONU. Si l’Espagne, le Danemark et la Finlande poussent à des engagements forts, la Pologne, la Hongrie, la Slovénie et l’Italie y sont opposés ; quant à la France et l’Allemagne, elles ont, chacune pour des raisons différentes, le pied sur le frein. « Je suis favorable à des objectifs climatiques en 2040 mais (…) il faut nous donner les moyens de les rendre compatibles avec notre compétitivité » ! Cette déclaration de Macron est significative et confirme que l’engagement écologique du président est directement conditionné à la prise en compte des intérêts de l’impérialisme français.
Mardi 28 octobre, la commission de l’ONU qui prépare la Conférence publiait un bilan « mitigé » des engagements pris par les différents pays qui ont transmis leur plan ou envoyé des déclarations d’intentions. Selon ce bilan, pour la première fois, il pourrait y avoir une baisse mondiale des émissions de GES dans les dix prochaines années … à condition que ces plans soient réellement mis en œuvre. Mais cette réduction, si elle se confirme, est encore loin de permettre de limiter l’augmentation de la température à 1,5 degré, comme s’y étaient engagés les Etats qui ont signé l’accord de Paris en 2015 (Cf. encart).
Investir dans le pétrole et le gaz, ça rapporte !
Alors que l’on connait le rôle particulièrement nocif de l’extraction et de la consommation des énergies fossiles sur le réchauffement climatique, les investissements dans l’exploitation de nouveaux champs gaziers ou pétrolifères ne font que se multiplier.
Les majors du secteur, ExxonMobil, Chevron (USA) Shell et BP (GB) TotalEnergies (France), Petrobras (Brésil), ENI (Italie), annoncent l’exploitation de nouveaux gisements.
L es monopoles d’Etat russes, tel Gazprom, participent à la course à la production au même titre que les autres. Alors que l’offre dépasse actuellement la demande et que le prix du baril de Brent est en baisse, les compagnies tablent sur une augmentation de la demande, notamment des pays émergents et des pays en voie de développement jusqu’en 2045 voire 2050. Face à l’épuisement des sites d’exploitation existants, Shell va ouvrir de nouveaux puits dans les six prochains mois. Pour ExxonMobil, ça sera en Lybie et à Trinité-et-Tobago ; le Brésil a autorisé Petrobras à entreprendre des études pour exploiter les champs pétroliers au large de l’Amazonie. TotalEnergies annonce pour sa part avoir acquis des permis d’exploitation dans le golfe du Mexique, en Malaisie, en Indonésie et en Algérie. Il démarre actuellement l’exploitation de champs pétroliers aux USA, au Brésil, en Irak et en Ouganda ; pour le gaz c’est au Qatar et en Malaisie… sans parler du mégaprojet de gaz naturel liquéfié au Mozambique.
Face à la baisse de leurs énormes bénéfices, les monopoles du secteur prennent des mesures d’économie, y compris en licenciant leur personnel.
Par contre, pas question de mettre au régime les actionnaires ! Le total des dividendes versés à ceux de BP, Chevron, ENI, ExxonMobil, Shell et TotalEnergies s’élèvera cette année à 119 Mds de dollars, un nouveau record. ★
Rappel
L’ accord de Paris sur le climat, négocié par 196 parties lors de la Conférence de Paris sur les changements climatiques en 2015, s’était fixé comme objectif de maintenir l’augmentation de la température moyenne de la planète au dessous de la barre des 2°C par rapport aux niveaux préindustriels.
