Une progression importante de la pauvreté 12 novembre 2025
Pendant que la fortune des riches et des ultra-riches atteint des sommets vertigineux, la paupérisation de la population s’étend.
Près de 10 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté
Les chiffres publiés en juillet par l’Insee font état d’une progression importante de la pauvreté. En France dite « métropolitaine » (Hexagone et Corse), le taux de pauvreté a atteint en 2023 (deniers chiffres connus) son taux le plus élevé depuis la création de l’indicateur en 1996 :
9,8 millions de personnes (15,4 % de la population) disposent de moins de 1 288 euros (1) pour répondre à leurs besoins vitaux.
La pauvreté monétaire touche plus d’un chômeur sur 3 (36,1 %), plus d’un travailleur indépendant sur 5 (19,2 %, dont nombre de « microentrepreneurs » (pseudo-indépendants). Elle n’épargne ni les salariés (6,6 %), ni les retraités (11,1 %).
Elle touche 34,3 % des familles monoparentales et 32,2 % des immigrés (37,7 % de ceux nés en Afrique).
La situation est encore bien pire dans les départements et territoires dits « d’outremer » où se surajoute le poids de la domination coloniale.
La précarité étudiante en constante progression
Le coût de la vie étudiante ne cesse d’augmenter d’années en années : + 4,2 % cette année ; + 31,88 % depuis l’élection de Macron en 2017 selon l’enquête UNEF 2025 (2).
Toute les dépenses sont en hausse : les loyers (+ 2,46 % dans le privé et + 3,26 % pour les loyers CROUS), le transport, la nourriture, tout comme les frais d’inscription (+ 37,67 % depuis 2017) auxquels s’ajoute la contribution à la vie étudiante et de campus (CVEC) passée de 90 € à 105 € depuis sa mise en place en 2018.
Les bourses, qui varient selon l’échelon entre 1 454 euros et 6 335 euros par an (versés en 10 mensualités) ne compensent pas cette explosion du coût de la vie étudiante. Elles sont attribuées de manière très restrictive : 662 000 bénéficiaires pour l’année 2025-2026 soit un taux de 35,8 %, en baisse quasi continue depuis 2021 (3). Leur montant est loin d’être suffisant pour couvrir les dépenses courantes, alors que le loyer à lui seul en absorbe une grande partie (4).
Un des indicateurs de l’aggravation continue de la précarité étudiante est le recours obligé de plus en plus important à l’aide alimentaire. Selon le baromètre de l’association Cop1 – Solidarités étudiantes, publié il y a un an, près d’un étudiant sur cinq a dû y recourir au cours de l’année 2024. Parmi les conséquences moins visibles, mais également très graves, le renoncement aux soins.
Logement
Même si, finalement, les prestations sociales et les aides au logement n’étaient pas gelées – ce qui est encore loin d’être acquis –, la situation reste dramatique pour les millions de personnes en attente d’un logement social, pour toutes celles et ceux qui n’arrivent plus à payer leur loyer et leurs charges, pour toutes celles et ceux qui, chaque jour, appellent désespérément le 115.
C’est le résultat des mesures d’austérité qui s’empilent d’une année sur l’autre, des différentes réformes qui ont conduit à des milliards d’économies sur les aides au logement, du saccage du logement social et du logement CROUS, de la spéculation qui fait flamber les loyers et qui laisse des dizaines de milliers de logements et d’espaces de bureau vides pendant que sont à la rue des femmes avec bébés, des familles avec enfants, des jeunes mineurs et des centaines de milliers de travailleurs pauvres et de précaires, des dizaines de milliers de travailleurs et d’étudiants privés de papiers ! ★
