Parti Communiste des Ouvriers de France

Une vague de révolte soulève la jeunesse dans plusieurs pays du « Sud »
10 octobre 2025

Madagascar, Maroc, Népal, Bengladesh, Indonésie… depuis une année pour certains, et plus récemment pour d’autres, comme Madagascar, le Maroc, les jeunes de ces pays se révoltent, manifestent, crient leur colère, par dizaines de milliers. Ce sont des explosions de révolte qui prennent tous les régimes de court.

Ils se nomment souvent «  génération  Z  », et ne reculent pas devant les blindés de la police, de l’armée, qui tirent à balles réelles.

Les situations sont certes différentes, d’un pays à l’autre, mais il y a des points communs, le premier étant justement qu’il s’agit d’un phénomène de toute une génération de jeunes. Ils sont souvent étudiants et lycéens, qui ont travaillé dur – eux et leurs parents – pour faire des études, et qui se heurtent à des sociétés et des systèmes qui ne leur offrent aucune perspective  : pas de travail, pas d’avenir.

Il y a la réalité de régimes bloqués, où la corruption est généralisée, à tous les étages de la société, où une caste de privilégiés vit dans l’opulence, protégée par la police.

Ce sont des jeunes qui utilisent à fond les moyens de communication modernes, car il y a aujourd’hui partout la possibilité de se connecter, d’avoir accès en « temps réel » aux vidéos faites par les jeunes euxmêmes, des manifs, de la répression policière, dans son pays et ailleurs. Ils s‘interpellent en direct, se donnent les informations sur où aller et où ne pas aller.

On leur dit parfois d’aller chercher ailleurs, dans les « pays riches », un avenir qu’ils n’ont pas chez eux, mais c’est de plus en plus difficile, les frontières se ferment et ailleurs, c’est aussi la précarité totale. Dans bien des cas, les mouvements de protestations y sont relayés par des jeunes qui y ont immigré, mais ils sont largement occultés par les grands médias – qui diffusent, au mieux, juste quelques images d’émeutes.

C’est une façon de leur dire « vous ne comptez pas aux yeux du monde des puissants ».

* A Madagascar , où le président a limogé tout le gouvernement, croyant que cela suffirait à calmer la colère, les jeunes manifestent depuis des semaines. Ils s’organisent. Leur message est clair  :

« Nous jeunes, nous revendiquons l’électricité et l’eau. Nous revendiquons notre liberté d’expression. Nous sommes contre l’abus de pouvoir, contre la corruption, contre la négligence des droits humains et contre les autres menaces que subissent les Malagasy », « Madagascar mérite une vie meilleure, et de loin bien meilleure que celle-ci. Car actuellement, nous ne sommes que des pauvres assis sur de la richesse. C’est le moment de se mettre debout ».

Au Népal , une journaliste engagée explique : « Des milliers de jeunes Népalais sont descendus dans les rues lorsque le gouvernement a interdit les réseaux sociaux le 4 septembre. Cette mesure a été largement perçue comme une tentative de museler les critiques, dans un contexte de débat animé sur les réseaux au sujet des “nepobébés”, “#Nepokids”, ces enfants de politiciens qui publient des photos de leur vie luxueuse, relate le réseau népalais de journalisme d’investigation indépendant, NIMJN. La corruption endémique est devenue un sujet brûlant pendant que les manifestations se poursuivaient et que plusieurs bâtiments gouvernementaux étaient incendiés.* »

Au Maroc , la rue crie  : « Nous les jeunes, on n’en peut plus du chômage. Le peuple veut en finir avec la corruption !* ». Ce sont les revendications sociales qui sont au cœur des exigences : la santé, l’éducation, la dignité… Nous dénonçons aussi la répression  », d’un régime qui vit dans le luxe insolent, dans ses palais, allié d’Israël et des puissances occidentales.

Cette jeunesse se politise, dans la lutte. Elle interpelle les forces révolutionnaires du monde entier, car elle met en lumière à la fois les blocages du système capitaliste impérialiste qui n’a rien à offrir à la jeunesse, c’est-à-dire, à l’avenir et en même temps le potentiel de lutte de cette jeunesse.

Le premier devoir est de le faire connaître le plus largement possible et de soutenir les organisations révolutionnaires, même embryonnaires. ★