Parti Communiste des Ouvriers de France

Unité et mobilisations face à un patronat qui ne veut rien lâcher sur les salaires
13 janvier 2026

Une étude du cabinet WTW, société au service des entreprises, publiée le jeudi 8 janvier, largement commentée dans les médias, confirme  : pour 2026, sur 944 entreprises en France, filiales de grands groupes ou faisant partie du CAC 40 ou du SBF 120 (plus large que le CAC 40), c’est un retour aux augmentations individuelles. 61  % des entreprises envisageraient de privilégier les augmentations individuelles contre 29 % précédemment.

Si les chiffres officiels de l’inflation sont en baisse, les pertes cumulées en salaire nominal comme en salaire réel ne se sont pas pour autant effacées alors que les prix continuent d’augmenter. La CGT indique que «  pour un salaire brut médian (1), depuis 2020 [cela] s’est traduit par une perte en 2024 de près de 110 euros de pouvoir d’achat par mois ».

Autrement dit, le patronat, tous secteurs confondus, s’entend pour refuser les augmentations de salaire collectives, bien décidé à se battre pour conserver et faire progresser le niveau de ses profits.

LVMH dans les Maisons de champagne (Moët et Chandon, Ruinart, Veuve Cliquot, Pérignon, Mercier…) veut purement et simplement supprimer 15 à 30 % de la rémunération annuelle de ses salariés en refusant de verser la participation qui existait depuis la création de Moët Hennessy en…1967, comme «  la prime de partage de la valeur » (prime Macron) et celle de fin d’année au motif que le groupe « aurait réalisé un peu moins de bénéfices » ?!

Le 5 et 8 décembre, à l’appel des syndicats et notamment de l’Intersyndicat Champagne CGT, 85  % à 90  % des salariés de la branche Champagne étaient en grève. Une véritable «  journée morte  » dans les Maisons de champagne qui s’est prolongée le 11 décembre par une réunion d’information peu commune, en pleine rue, avenue de Champagne, à Épernay (51), avec des centaines de salariés.

Le 18 décembre, c’étaient les employés de la chaîne KFC d’être appelés à la grève par l’intersyndicale (CFE-CGC, FO, CGT).

Ordre avait été donné aux salariés de liquider leur stock de journées de repos compensateur non monnayables.

«  Tous devraient s’arrêter pendant plusieurs mois, voire jusqu’à 3  ans pour certains pour écluser les jours de repos non pris. C’est impossible  !  » Avec cette décision unilatérale et arbitraire de KFC, c’est la perspective d’un pécule supplémentaire auquel croyaient les salariés qui s’est évaporé. Très vite, le restaurant de La Défense, avec ses 60 employés, le plus important d’Ilede-France, a été bloqué, ainsi que celui du 15 e arrondissement. Le PDG a été obligé de recevoir les délégués syndicaux dès le 23 décembre.

A la Fnac, «  80  % des salariés ont un salaire de base entre 1 et 1,2 fois le Smic » , indique le délégué central CGT à l’occasion du mot d’ordre de grève lancé sur les différents magasins de l’enseigne à la mi-décembre.

Ce qui a mis le feu aux poudres, pour les syndicats CGT, Sud Solidaires, UNSA et CNT, c’est une décision prise l’été dernier concernant le mode de calcul des salaires. La Fnac a intégré une part variable au salaire de base, ce qui s’est traduit par une baisse des rémunérations, tandis que les effectifs ont reculé d’environ 7 %.

A Marie Blachère, boulangerie industrielle créée en 2004, pour les NAO de novembre dernier la CFDT et la CGT, en intersyndicale, avaient appelé à la grève. « Pour nos salaires, pour le respect et pour être enfin entendus », indiquaient les tracts. Non seulement la direction n’a pas tenu compte de la colère et de la fatigue qui s’expriment dans les 850  magasins de l’enseigne mais : « On a tout juste obtenu une augmentation de la prime d’ancienneté de 25 %… et une petite augmentation de la prise en charge de la mutuelle ».

Mais rien en ce qui concerne les augmentations générales. La colère n’est pas retombée.

Dans ces entreprises comme dans des milliers d’autres, face au patronat, pour préserver les acquis, arracher des augmentations de salaires, maintenir au moins les effectifs… l’unité syndicale dans l’action, dans la grève, est très souvent au rendez-vous à l’occasion ou non des NAO. Elle est précieuse, donne confiance dans la suite pour pouvoir arriver à ébranler le mur patronal. ★


1. Contrairement au salaire moyen qui est lasomme des salaires divisée par le nombre de salariés, le salaire médian divise la population en deux parts égales  : 50  % des personnes gagnent moins que ce montant, et 50  % gagnent plus.