USA : Minneapolis : « ICE OUT ! » 12 février 2026
« A mi-chemin entre Los Angeles et New York, posée à la source du Mississipi, Minneapolis est une ville dont la qualité de vie est tout à fait remarquable » annonce le site de l’office du tourisme des Etats-Unis.
Depuis quelques semaines, ce n’est pas pour son cadre de vie que Minneapolis est devenue célèbre mais pour tout autre chose. Dans cette ville se mène un bras de fer entre la population et la police de l’immigration (ICE) (1), principal outil de la politique d’expulsion à grande échelle de l’administration Trump. Tout ceux qui suivent la situation aux Etats-Unis ont les yeux braqués sur cette ville et la mobilisation populaire qui s’y est développée.
Tout a commencé en décembre 2025.
Trump a pris prétexte d’une fraude sociale opérée pendant le Covid par des éléments de la communauté somalienne (2), très nombreuse dans l’Etat du Minnesota, pour déclencher la plus grosse opération anti-immigration du pays. Le fait que l’Etat, comme la ville, soient dirigés par des élus démocrates n’a pu que conforter son choix !
Alors que la police fédérale de l’immigration (ICE) menait depuis une semaine une vaste série d’opérations impliquant environ 2 000 policiers, des manifestations se développaient contre les raids menés par les agents fédéraux qui cherchaient à arrêter des immigrés en situation irrégulière.
C’est dans ce contexte très tendu que, le 7 janvier, Renée Good, une citoyenne américaine, mère de famille âgée de 37 ans, était abattue dans sa voiture par un policier.
Cette mort n’a fait que renforcer la mobilisation populaire contre la présence de l’ICE. Quand, deux semaines plus tard, un infirmier, Alex Pretti, lui aussi âgé de 37 ans, qui manifestait contre les actions de la police fédérale, a lui aussi été tué de dix coups de feu tirés par un agent de la Border Patrol (3), la mobilisation s’est encore démultipliée dans la ville et ses faubourgs ; elle allait également donner lieu à une journée de mobilisation dans toutes les grandes villes du pays.
Bravant un froid polaire, munis seulement de sifflets pour signaler la présence d’agents prêts à intervenir, organisant des concerts la nuit à proximité de leur lieu de repos pour les empêcher de dormir, armés de téléphone pour enregistrer leurs exactions, les citoyens ont montré une détermination exemplaire.
On peut dire que la mobilisation populaire des habitants de Minneapolis, leur courage et leur esprit de solidarité ont levé la sidération qui semblait avoir saisie les Américains face aux agissements de la police de Trump.
Le slogan, « ICE out » est devenu le mot d’ordre central du mouvement réclamant le départ de cette « armée de tueurs ».
Face à cette mobilisation et les critiques venant de personnalités de son propre camp et l’expression de désaccords dans sa base électorale, Trump a dû reculer. Les policiers impliqués dans le meurtre des deux habitants ont été suspendus et Trump a envoyé son émissaire, Tom Homan, à Minneapolis. Celui-ci a annoncé, mercredi 4 février à l’occasion d’une conférence de presse, que les autorités fédérales allaient « retirer 700 personnes » , des « membres des forces de l’ordre » , du terrain avec « effet immédiat » .
Ce premier recul est à mettre au compte de la mobilisation populaire, une mobilisation inédite, inventive, qui a su trouver les moyens simples pour impliquer largement tous ceux qui voulaient s’opposer à la force brutale de l’ICE. ★
Nous encourageons nos lecteurs à lire sur notre site l’article de nos cama rades américains du Parti Américain du Travail (American Labor Party).
