Parti Communiste des Ouvriers de France

Vendôme (41) : Les ouvriers de Bosch en grève pour faire plier le monopole
10 octobre 2025

Jeudi 2 octobre 2025, 5 heures du matin, devant l’entreprise Bosch les visages des travailleurs et des travailleuses en colère sont fermés mais déterminés. Ils et elles ont décidé de reprendre la grève totale et de remettre en place leur piquet de grève.

Le 2 octobre, c’est aussi jour de la manif intersyndicale mais pour celles et ceux de Bosch, d’HMY (spécialisée dans l’agencement de magasins), de GETINGE (qui travaille pour l’industrie pharmaceutique et le nucléaire) et de l’Union Locale CGT locale et plus largement de l’Union Départementale CGT 41, le combat de classe se trouve «  devant la taule  », avec les camarades de Bosch en grève, à l’entrée de Vendôme. Une délégation participera à la manif départementale mais la priorité est donnée à la solidarité de classe face au patron.

Depuis le début du mouvement, les jours et nuit de grève c’est 90 % de grévistes et en moyenne de 50 à 100 ouvrier.es présent.es sur le piquet.

L’usine Bosch Vendôme est un des deux sites de la multinationale allemande qui produit des colonnes de direction avec l’usine d’Eger en Hongrie. La multinationale allemande est l’un des principaux équipementiers automobiles mondiaux.

Elle emploie 418 000 salarié.es dont 275 à Vendôme et génère 90 milliards d’euros de chiffres d’affaires au niveau mondial.

La mobilisation des travailleurs de Bosch s’est installée dans le paysage syndical et médiatique au mois de juin de cette année. Le 3 juin dernier, la direction du site vendômois informait le CSE (Comité Social et Economique) et le personnel de la mise en vente de l’usine.

La multinationale avait déjà supprimé plus de la moitié de ses salarié.es depuis 7 ans après la mise en œuvre d’un plan de départ en retraite de 150 personnes et de 4 accords de Ruptures Conventionnelles Collectives (RCC) dont le plus récent est en cours depuis 2024 pour la suppression de 50 postes.

Aujourd’hui, les restructurations engagées par les monopoles du secteur de l’automobile s’accélèrent et après avoir mis en difficulté de nombreux sites et filiales pour mieux les fermer ou les vendre, Bosch démantèle son secteur colonne de direction parce qu’il ne génère pas assez de profit et qu’il faut investir sans attendre dans les secteurs les plus rentables pour garantir les profits du monopole et « rester dans la course ».

Dans un communiqué daté de juin 2025, la multinationale écrivait  :

«  (…) les mesures de réduction des coûts dans ce secteur d’activité ne suffiront pas à le rendre durablement rentable (…) c’est pourquoi Bosch étudie la possibilité de vendre l’essentiel de ses activités européennes de colonnes de direction (…) ».

Les salarié.es ont compris que les ruptures conventionnelles collectives servaient à «  habiller la mariée  » pour mieux la vendre. Depuis des années, l’intersyndicale CGT, CFDT, CGC a élevé le rapport de force par la grève pour obtenir les indemnités et les garanties de départ les plus élevées pour faire payer l’entreprise et négocier des accords afin d’améliorer leurs droits sociaux et maintenir l’emploi. Face à un monopole qui pompe chaque année les résultats de l’usine et qui veut se débarrasser des hommes et des femmes qu’il exploite, les travailleurs, avec l’intersyndicale, exigent que l’entreprise garantissent l’emploi, leurs droits, leurs conquis sociaux quel que soit le nouvel employeur. Face à un monopole qui fait mine de négocier, ils ont engagé des débrayages et une première grève totale le 25 septembre pour exiger le maintien de l’emploi et le transfert de leurs accords «  Bosch  » au nouvel employeur quel qu’il soit. Pour faire cesser la grève, reprendre le «  dialogue social  » et empêcher les syndicats de relancer la mobilisation, Bosch a payé deux jours de grève par accord collectif. Sur le piquet, des travailleurs prennent la parole pour rappeler leurs revendications : « Faire d’abord payer à Bosch les garanties sociales, conventionnelles et indemnitaires, pas les jours de grève ! » Les travailleurs en AG le 2 octobre à 5 heures décident de reprendre la grève, le piquet, les blocages de la production et de l’expédition jusqu’à faire plier la multinationale. Sur le piquet, pas de débat sur des « propositions industrielles alternatives », Bosch doit payer la casse sociale !

A Blois, le 2 octobre, devant 800 manifestants, la CGT 41 annonçait que « le combat continue jusqu’à ce que le patronat cède et c’est ce qu’il a commencé à faire en payant les jours de grève pour un peu de répit. Ce matin à 5 heures, nos camarades ont repris la grève et le piquet devant la boîte ! » ★