Venezuela : Les autorités « transitoires » acceptent le pillage des richesses par les USA 10 mars 2026
La nouvelle est passée presqu’inaperçue dans le fracas des bombardements de l’impérialisme US et de l’Etat sioniste sur l’Iran : le représentant de l’impérialisme US, ministre de l’Intérieur, D. Burgum et la présidente des autorités intérimaires du Venezuela, Delcy Rodriguez, ont signé le 5 mars un document en vue du rétablissement des relations diplomatiques, rompues depuis 2019.
En partant de Caracas, Burgum, président du conseil national de l’énergie, chargé d’assurer « la domination énergétique des USA dans le monde », s’est félicité que les autorités vénézuéliennes se soient engagées à assurer la sécurité des compagnies minières et pétrolières qui investissent dans ce pays qui a de grandes ressources minières (1).
Il s’est dit très confiant quant à « l’afflux des investissements ». La dirigeante actuelle du Venezuela a modifié la loi sur les hydrocarbures, ouvrant ce secteur stratégique aux capitaux privés et a fait passer une amnistie pour les prisonniers politiques. Commentaire de Burgum : le pétrole extrait au Venezuela n’est qu’à 4 heures de bateau des USA, une opportunité immense, dans le contexte de tensions internationales autour du pétrole du Moyen-Orient.
En effet, les USA ont mis la main sur le Venezuela qui, jusqu’à présent, produisait peu mais qui a les réserves les plus importantes au monde. Ils sont moins impactés par les conséquences de la guerre de destruction qu’ils mènent contre l’Iran, ce qui leur donne un moyen de pression sur les Etats d’Europe et sur la Chine qui dépendent davantage du Moyen-Orient pour leurs approvisionnements (2). L’agression militaire US contre le Venezuela et le kidnapping du président élu, Maduro et de son épouse, en janvier et aujourd’hui, la guerre contre l’Iran s’intègrent dans la politique de guerre de repartage entreprise par l’impérialisme US. Le contrôle du pétrole au niveau mondial en est un ressort important, mais pas le seul. La liquidation ou la mise à l’écart des dirigeants d’Etats considérés comme des obstacles en font partie.
Au Venezuela, l’impérialisme US a évité de déployer sur terre toutes les forces militaires qu’il avait envoyées au large du pays agressé. Cela aurait produit une réaction de la population, animée de puissantes convictions anti-impérialistes et dont une partie non négligeable était prête à se battre, les armes à la main, même si le rapport de force était disproportionné. L’impérialisme US ne l’a pas fait pour éviter des vies humaines : il n’a pas hésité à bombarder des quartiers et des villes et à tuer les militaires qui résistaient. Et il avait de toute façon envoyé beaucoup de forces spéciales sur le terrain. Sa tactique : exercer un chantage sur les autorités toujours en place, pour leur faire faire le travail, à savoir livrer les richesses du pays.
Il a visiblement trouvé des responsables politiques qui acceptent de le faire.
L’ampleur des concessions faites à l’impérialisme US rendent leurs justifications pour le moins dérisoires :
« avancer dans une nouvelle étape de dialogue constructif, fondée sur le respect mutuel, l’égalité souveraine des États et la coopération entre nos peuples » pour une « relation positive et mutuellement bénéfique ». Nous ne partageons pas l’idée avancée par certains qu’il s’agit, compte tenu du rapport de force, d’un « recul tactique » pour pouvoir poursuivre le processus révolutionnaire.
Dans cette situation très complexe, les camarades du Parti Communiste Marxiste-Léniniste du Venezuela (PCMLV) alertaient en février et appelaient à s’inspirer des combats anti-impérialistes, révolutionnaires, qui jalonnent l’histoire du peuple :
« Négocier avec l’impérialisme yankee dans des conditions de subordination et ne pas organiser la résistance populaire reviendrait à abandonner les avancées réalisées depuis plus de vingt ans. (..) Ce serait revenir aux politiques de l’AD et du Copei (3), alimentant dans le peuple le rêve populiste d’une “Arabie saoudite vénézuélienne” (…) Nous, le PCMLV, déclarons aujourd’hui : “Yankee go home” (…), nous nous opposons à ce qu’on leur ouvre les portes d’un pays rebelle et qu’on leur livre des richesses qui appartiennent au peuple.» ★
