Accord de La Mecque 08 septembre 2026
Une menace qui risque d’entraîner la Turquie vers de nouveaux fronts de guerre
Dans un communiqué daté du 10 août dernier, le parti du travail de Turquie (Emep) analyse l’accord qui vient d’être conclu entre la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Pakistan.
L’« Accord de défense commune de La Mecque », signé entre la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan dans la ville de La Mecque, en Arabie saoudite, considérée comme le lieu saint de la religion islamique, est un accord susceptible d’entraîner la Turquie vers de nouveaux fronts, même si les responsables le définissent comme un accord de défense à visée dissuasive.
L’accord signé le 7 août entre le président Recep Tayyip Erdogan, le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shahbaz Sharif, considère toute attaque armée contre l’une des parties comme une attaque dirigée contre l’ensemble des parties et réaffirme, conformément à l’article 51 de la Charte des Nations unies, l’engagement en matière de défense commune, de légitime défense et de sécurité mutuelle.
Le fait que les pays du Golfe, placés « sous la protection » des États-Unis, soient tantôt la cible d’attaques provenant d’Israël, tantôt de représailles iraniennes, a poussé les pays de la région à explorer de nouvelles voies pour assurer leur propre défense.
Conclu dans une période où les ÉtatsUnis et Israël menaient une offensive commune contre l’Iran et où, en riposte, l’Iran visait les intérêts américains en Arabie saoudite, cet accord s’inscrit dans le prolongement de l’accord de défense entre l’Arabie saoudite et le Pakistan conclu l’année dernière. L’un des principaux motifs ayant conduit à transformer cet accord bilatéral – né de l’inquiétude suscitée par l’agressivité croissante d’Israël dans la région, qui utilise les technologies de guerre de pointe fournies par les États-Unis – en une architecture de puissance tripartite, avec la participation de la Turquie, le 7 août 2026, est précisément le facteur iranien.
Par ailleurs, l’Arabie saoudite a ouvert un autre front dans la région : celui des Houthis au Yémen. En 2022, sous l’égide des Nations unies, un accord de cessez-le-feu de deux mois avait été signé entre la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Houthis yéménites soutenus par l’Iran. Bien que cet accord, prolongé à deux reprises, ait temporairement ralenti les combats, il n’a pas suffi à y mettre fin. Aujourd’hui, les forces yéménites prennent pour cible les navires saoudiens, tandis que l’Arabie saoudite impose un blocus maritime au Yémen.
L’Irak, riche en pétrole et allié des États-Unis, constitue la troisième zone où le gouvernement saoudien est en conflit. À la fin du mois dernier, l’Arabie saoudite a mené, aux côtés des forces américaines, une frappe aérienne contre les Hashd alShaabi (Forces de mobilisation populaire) en Irak. Cette attaque s’inscrit dans le prolongement de la guerre que mènent les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Le Pakistan, qui s’impose comme une puissance nucléaire dans la région et qui a signé avec l’Arabie saoudite l’« Accord de défense commune de La Mecque », est lui aussi en tension permanente avec l’Inde et l’Afghanistan.
Par conséquent, bien que le président Erdogan ait déclaré sur son compte X, à propos de cet accord :
« Cet accord, fondé sur la dissuasion collective, contribuera à faire progresser notre coopération en matière de sécurité et de défense, à développer des projets communs dans l’industrie de la défense et à lutter contre le terrorisme », la Turquie s’est, par cet accord, fait de nouveaux partenaires qui comptent de nombreux ennemis.
Cette caractéristique fait apparaître la Turquie, au sein de l’architecture du pouvoir régional, comme une puissance expansionniste face aux peuples de la région.
D’autre part, dans la nouvelle Syrie, les États-Unis, qui ont réuni la Turquie, Israël et l’Arabie saoudite autour de Al Chaara (connu aussi comme al Joulani) sous la direction du HTS, ont également repositionné leurs alliés dans la région autour de l’Iran par le biais de l’Accord de La Mecque.
La paix dans le pays et dans la région D’un côté, au niveau national, « le pouvoir du Palais », qui prétend mener un processus « pour faire cesser le sang versé », transforme la Turquie, à travers les nouveaux accords qu’il conclut à l’échelle régionale, en partenaire de nouveaux fronts de guerre.
L’intérêt des peuples de Turquie passe pourtant par la défense de la paix dans le pays et dans la région. Nous appelons les ouvriers et les travailleurs à lutter pour que la Turquie cesse d’être le pilier des politiques impérialistes et devienne l’architecte de la paix, de la démocratie et de l’indépendance. ★
Siège central du Parti du Travail
