Parti Communiste des Ouvriers de France

Cérémonie imposée autour du 11 novembre dans les écoles
08 septembre 2026

L’embrigadement de la jeunesse et la militarisation de l’école ont connu sous les deux quinquennats d’Emmanuel Macron des développements plus qu’inquiétants.

Il s’agit d’une véritable offensive idéologique en direction de la jeunesse afin de la discipliner mais aussi de la formater pour la rendre plus perméable aux discours belliqueux et militaristes. De nombreux dispositifs se sont succédé pour renforcer les liens entre l’armée et l’école : le SNU (service national universel), création de « classes de défense et de sécurité globale  », renforcement de l’éducation à la défense dans les programmes. Il n’est plus rare de voir des militaires ou des réservistes, sous couvert d’aide à l’orientation, intervenir auprès d’élèves pour les inciter à s’engager dans l’armée.

La circulaire sur les commémorations du 11 novembre

Juste avant de partir en vacances, dans une circulaire parue le 2 juillet, le ministre Edouard Geffray a annoncé l’instauration à la rentrée 2026 d’une « cérémonie commémorative annuelle d’hommage à tous les “morts pour la France” dans chaque école élémentaire, collège et lycée, public ou privé sous contrat » qui se tiendra « au choix de l’établissement, dans les quatre jours précédant ou suivant le 11 novembre ». Un pas de plus est franchi avec cette cérémonie obligatoire qui touche tous les élèves du CM1 à la Terminale. Le 11 novembre est une journée de commémoration de l’armistice de la Première Guerre mondiale, guerre inter-impérialiste qui a vu des millions d’ouvriers et de paysans mourir dans la boue des tranchées. La longue liste de noms sur les monuments aux morts, y compris dans de petits villages, témoignent de cette « boucherie » :

10 millions de soldats tués ou disparus, 19  millions de blessés, 10  millions de mutilés, pour le compte des puissances impérialistes et de leurs marchands de canons. Le traumatisme de cette guerre, où toute une génération avait été sacrifiée, faisait que le 11 novembre (jour férié depuis 1922) célébrait avant tout la « paix » plus que la « victoire » contre l’Allemagne. Les associations d’anciens combattants ont développé un puissant courant pacifiste dans l’entre-deux-guerres autour du mot d’ordre la « der des der ». En 2012, sous Nicolas Sarkozy, une loi avait modifié le sens du 11 novembre en y rajoutant la commémoration de tous les « morts pour la France ».

C’est cette direction qui a été retenue par le ministre de l’Education nationale. Il ne s’agit pas d’effectuer un vrai travail avec les élèves autour du 11 novembre mais de rendre hommage à tous les soldats tués, y compris ceux tombés durant les guerres coloniales ou les opérations extérieures ! On ne fait plus de distinction entre tous les morts, comme si toutes les guerres et les causes se valaient.

Le pauvre conscrit envoyé au massacre lors d’un assaut de tranchée, le résistant luttant contre l’occupant nazi côtoie le soldat volontaire qui luttait pour maintenir la domination coloniale, y compris en commettant les pires atrocités. Cette imposture permet de justifier toutes les guerres menées au nom de la France. Il s’agit d’une injonction à soutenir l’armée au prétexte qu’elle nous « protège ».

La bourgeoisie utilise l’histoire et la mémoire pour construire une mythologie nationale afin de soutenir le réarmement et les guerres futures. Il s’agit aussi d’anesthésier à l’intérieur toute opposition.

Le déroulé de la cérémonie envoyée au moment de la rentrée fait frémir :

« La cérémonie est un moment d’hommage et de recueillement : les élèves prennent à cette occasion des postures de respect et d’écoute. […] Les élèves doivent observer le silence, demeurer attentifs et participer au chant de la Marseillaise.« 

» Il ne manque plus que le drapeau au milieu de la cour ! On demande aussi une préparation en amont de la cérémonie et avec le concours de plusieurs matières.

Le rôle de l’école devrait être d’instruire les jeunes pour en faire des citoyens libres, capables de réfléchir par eux-mêmes, et non de leur faire un lavage de cerveau militaro-patriotique. ★