Parti Communiste des Ouvriers de France

Colonisation israélienne : « Assez de paroles, il faut maintenant des actes ! »
08 septembre 2026

En Cisjordanie les attaques de colons ne font que s’accentuer avec 3  548 attaques depuis le début de l’année qui ont fait 17 morts chez les Palestiniens, brûlé des dizaines de maison, voitures, champs pour pousser les Palestiniens à quitter leur foyer et ainsi s’accaparer les lieux. Le tout se fait sous l’œil protecteur de l’armée sioniste, qui n’intervient jamais, et dont les effectifs, pour faire face au «  problème des colons », ont bien augmenté. Le harcèlement est devenu si intense que certains généraux des forces d’occupation israéliennes commencent à craindre un embrasement et la perte du contrôle de la Cisjordanie. Les colons sont devenus en quelque sorte le bras armé de l’Etat sioniste colonisateur auxquels est déléguée la violence systématique la moins justifiable dont il se dédouane et minimise l’importance en la qualifiant d’actes extrémistes isolés. Cependant l’Etat sioniste continue de soutenir le mouvement en attribuant régulièrement de nouvelles terres aux colons comme en juillet à Jérusalem Est dans la zone dite E1, ce qui coupera les Palestiniens de la ville du reste de la Cisjordanie. Le ministre des finances Smotrich s’en réjouit en déclarant que cela « enterrerait l’idée d’un Etat palestinien  ».

Quant aux colonies illégales, elles sont ignorées voire protégées, la répression étant systématiquement dirigée contre les Palestiniens qui se défendent.

Ces derniers temps, les condamnations se sont multipliées en particulier après le siège pendant dix jours d’une famille par des colons à Qusra sous le regard d’une armée imperturbable. Un siège largement diffusé sur les réseaux sociaux et relayé à l’international. L’ambassadeur des USA en Israël, Mike Huckabee, a appelé à de «  sévères conséquences  » pour mettre fin aux violences des colons en Cisjordanie occupée. Cependant, aucune critique à l’égard du gouvernement Netanyahu qui, au même moment, lançait de nouvelles frappes contre le Liban. De très nombreux pays (dont la France) ont encore une fois dénoncé la colonisation et demandé son arrêt, mais quasiment aucune nation occidentale n’a pris de sanction contre Israël.

Même si elles n’influent pas sur la politique de Netanyahu, la montée de ces critiques le fragilisent un peu plus alors qu’approchent les élections législatives du 27 octobre. Jusqu’à présent, il a toujours réussi à trouver une coalition et à se maintenir au pouvoir en se présentant comme le meilleur défenseur de la « protection d’Israël  », ses guerres contre Gaza, le Liban et l’Iran étant menées, selon lui, dans cet unique objectif.

Compte tenu de la division du reste de l’échiquier politique, Netanyahu pourrait bien rester, au moins encore un temps au pouvoir. Et quoi qu’il en soit, quasiment personne dans l’opposition ne dénonce le génocide à Gaza ni la colonisation à marche forcée de la Cisjordanie si ce n’est pour la menace que cela représente pour la stabilité d’Israël.

L’exigence de sanctions contre Israël

Le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien qui s’est développé depuis 2023 contre la guerre à Gaza un peu partout dans le monde et notamment en Europe, en particulier au sein de la jeunesse, a contribué à démasquer la nature colonialiste et expansionniste de l’Etat sioniste et à amorcer un certain isolement diplomatique d’Israël. Il faut continuer à exiger que les Etats, notamment ceux de l’UE, prennent des sanctions contre Israël. Un mouvement international se développe «  Assez de paroles, il faut des actes  », relayé en France, entre autres, par l’AFPS et soutenu en Europe par la Confédération Européenne des Syndicats qui appelle en particulier à la suspension par l’UE de ses accords d’association économique avec Israël alors qu’un tiers des armes utilisées à Gaza et en Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023 provient d’Europe. Cette exigence est aussi au centre de la lettre au Président de la République envoyée par le Collectif National avec l’arrêt de toute vente d’équipement militaire ou de commerce avec des entreprises installées dans les colonies. Le 1 er septembre, est parue une tribune de cent chercheurs et journalistes dans Mediapart dénonçant les empêchements d’enquêter systématiques d’Israël envers ceux qui documentent le sort fait aux Palestiniens ainsi que « l’apathie et l’absence de réaction du gouvernement français ». Ils réclament eux aussi des sanctions. Pour l’instant, les seuls actes provenant de l’État sont encore de la répression contre les militants de la cause palestinienne, des étudiants continuant régulièrement de passer au tribunal pour apologie du terrorisme.

Avec la jeunesse, continuons la mobilisation dans la rue, dans l’action syndicale, jusqu’à obtenir de vraies sanctions ! ★