Forêt des Landes : Petits forestiers ou industriels ? 08 septembre 2026
Ce massif forestier a été créé par décret de Napoléon III, sous le prétexte de landes « insalubres » et marécageuses. Les terres accaparées par la bourgeoisie locale ont été plantées de pins maritimes qui ont servi à l’industrie chimique naissante (essence de térébenthine, etc.), à l’industrie du bois (constructions navales, meubles, papier, cellulose, etc.). Cette monoculture intensive industrielle du pin s’est développée en 150 ans au point qu’aujourd’hui on parle de champs de pins-allumettes plutôt que de forêts de pins.
Cette pratique en a exclu les feuillus qui aidaient à la biodiversité et à la prévention des feux. Déjà en 1949, de grands feux ont ravagé la région faisant 82 morts, plus de 50 000 hectares brulés et un coût équivalant à 185 millions d’euros.
Aujourd’hui, l’investissement financier a pris possession du massif forestier : AXA, la Caisse des Dépôts et Consignations, Groupama, La Caisse d’Epargne, Crédit Agricole, et d’autres, sont actionnaires, avec l’exigence et la garantie de retour sur investissement. D’où l’évolution vers l’accélération des coupes (25 ans au lieu de 50 ans). De grandes quantités de bois sont exportées brutes en Asie et renvoyées sur le marché européen sous formes de palettes (exportations chinoises).
Le massif forestier des Landes de Gascogne pèse 30 000 emplois et presque autant de chiffre d’affaires que les vins de Bordeaux !
Les propriétaires forestiers sont organisés en groupements forestiers.
« Le Centre National de la Propriété Forestière de Nouvelle-Aquitaine (CNPF-NA) est un établissement public administratif, dirigé par une équipe hégémonique de sylviculteurs privés » explique le Collectif Forêt Vivante Sud-Gironde (CFV-SG).
Ce sont eux qui « programment le choix des essences, les plantations, les coupes et travaux forestiers sur plusieurs décennies. » Le Collectif CFVSG dénonce cette gouvernance privée d’un établissement public et se bat pour « que des représentants des collectivités territoriales, des scientifiques, des associations agréées de protection de l’environnement et des SDIS puissent également participer aux prises de décisions, avec voix délibérative et une proportionnalité significative ».
Il milite aussi aux côtés de quelques forestiers pour l’abandon de ce mode de gestion industriel, basé sur les coupes rases et la monoculture intensive qui ne font qu’aggraver les risques d’incendie liés au réchauffement climatique (Cf. http://www.foretvivante-sudgi-ronde.fr) . ★
