Parti Communiste des Ouvriers de France

Guerre contre l’Iran : Trump ne veut pas reconnaître ses échecs
08 septembre 2026

La guerre contre l’Iran, lancée le 28 février dernier par l’impérialisme US et l’Etat sioniste d’Israël, se poursuit, en dépit des annonces de cessez-le-feu en avril et de la signature d’un mémorandum en juin. Durant ces six mois, les annonces intempestives et contradictoires de Trump se sont succédé ; sur le déluge imminent de bombes US qui détruiraient totalement le pays, sur le «  succès  » total de cette opération militaire…, suivis par des colères médiatisées contre les dirigeants iraniens, des récriminations à l’encontre des alliés qui refusent de s’engager aux côtés des forces US… Aujourd’hui, il en revient aux menaces de reprise des bombardements et sur l’asphyxie économique totale qui devrait susciter des révoltes… Le même discours tenu au début de cette guerre, qu’aujourd’hui, une majorité d’Américains veut voir se terminer au plus vite, à deux mois des élections de « mi-mandat  » qui risquent de sanctionner Trump et les candidats qui s’en réclament.

Trump lance des menaces à l’encontre des Etats qui viendraient contourner ce blocus, notamment en continuant à acheter du pétrole iranien.

Une réponse est venue du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï, qui vient de se tenir, avec plus de 20 représentants de pays membres ou observateurs, dont la Chine, la Russie, l’Iran, la Turquie, l’Inde… Ils ont rendu hommage au guide suprême iranien tué par les frappes US et israéliennes et réaffirmé leur volonté de « rééquilibrer » les affaires mondiales, en mettant un terme à l’unilatéralisme étasunien. Autrement dit, les menaces de Trump perdent de leur impact, du fait notamment de ses propres hésitations et volte-face et des faiblesses de l’impérialisme US qui se sont manifestées.

Nous ne tirons pas de conclusions hâtives sur une « défaite » de l’impérialisme US, face à l’Iran, mais il est clair que le régime iranien ne s’est pas effondré, que la démonstration de la toute-puissance militaire US a été affaiblie par plusieurs faits. On peut citer la capacité de résistance et de réaction des forces armées iraniennes, malgré les liquidations de plusieurs hauts responsables ; les dégâts infligés par les tirs de drones et surtout de missiles iraniens sur les bases US installées dans les Etats de la région et sur Israël (provoquant des doutes sur les capacités de son « dôme de protection ») ; les difficultés d’approvisionnement en intercepteurs du côté US et la diminution de leurs stocks de missiles (très coûteux et demandant du temps de fabrication),… sans parler des erreurs d’appréciation des services de renseignement. Dans ce domaine, on peut citer l’échec de la stratégie basée sur le soulèvement des forces kurdes d’Iran armées par les USA et Israël, l’erreur concernant la réaction de la population iranienne, y compris les secteurs qui se sont révoltés contre le régime, qui n’a pas soutenu l’agression armée des USA et d’Israël. A cela, il faut ajouter l’erreur majeure de ne pas avoir vu que les dirigeants iraniens allaient prendre le contrôle du détroit d’Ormuz, internationalisant immédiatement les conséquences de cette guerre et qu’ils allaient s’en prendre aux « alliés » des USA dans le Golfe, pour qu’ils fassent pression sur Trump dans le sens de trouver un accord pour débloquer le trafic commercial qui transite par le détroit d’Ormuz.

Le régime iranien s’est maintenu et les partisans, en son sein, d’une solution négociée avec l’impérialisme US sont écartés, voire, ont été liquidés. Les ouvriers, les travailleurs, les masses populaires, les jeunes… subissent directement les conséquences de la crise économique, que la guerre et les sanctions économiques imposées par l’impérialisme US et les puissances impérialistes occidentales aggravent. Si le régime réactionnaire, qui ne tolère aucune contestation, a déjà multiplié les mises en garde, il ne pourra pas les empêcher. Et elles auront besoin de la solidarité des peuples.

Outre les conséquences économiques de cette guerre, avec l’augmentation des prix de l’énergie et les pénuries alimentaires, il y a aussi de nouvelles alliances, de nouveaux rapports de force qui se dessinent dans cette région. L’accord de la Mecque (voir l’article) en est une illustration.

L’impérialisme français joue la carte des «  accords de défense  », qui incluent les ventes de matériel militaire, la technologie nucléaire et le transport maritime, la Tech… Plusieurs contrats viennent d’être signés avec le représentant de l’Arabie saoudite redevenu très fréquentable, malgré les accusations d’assassinat d’un journaliste opposant, Khashoggi, il y a huit ans. ★