Parti Communiste des Ouvriers de France

Le « projet colossal » des parcs d’attraction
08 septembre 2026

« Six milliards d’investissements, 22  000 emplois », Macron a voulu marquer les esprits en annonçant un projet financé par le fonds souverain saoudien, Qiddiya, de construction de trois parcs de loisirs à thème, en région parisienne. C’est la ville de Courdimanche, commune de la préfecture du Val-d’Oise 95 qui est choisie, sur la friche d’un ancien parc d’attraction qui n’a «  vécu  » que 4 ans.

Cette annonce mise en scène par Macron et son équipe de communication, aux côtés du dirigeant saoudien, Mohammed ben Salmane (MBS), a donné lieu à des commentaires et des mises au point qui soulèvent de nombreuses interrogations.

Le nom même de ce complexe qui se veut gigantesque – « aussi important que Disney » – a déjà été lancé  :

le parc Dragon Ball et «  l’univers des mangas  », pour gagner la jeunesse et les couches adeptes de cette « culture ». Mais sans avoir discuté avec les «  ayants droit  », à savoir plusieurs sociétés japonaises qui se partagent les droits d’utilisation de cette image et de ses déclinaisons et qui entendent en garder le contrôle et les royalties qui en découlent.

Dans la foulée, la présidente LR de la région annonce que cela fait 18 mois que ce projet est en discussion, mais visiblement en « petit comité » – les élus de l’opposition n’étant pas mis dans la boucle…  – mais qu’elle se réjouissait beaucoup de la confirmation de ce projet qui allait accroître l’attractivité touristique de la région, prétendant dans la foulée que la France était la première destination touristique au monde.

Une réunion impliquant des responsables de RTE (réseau de transport de l’électricité), Ile-de-France Mobilités (transports), des responsables de la distribution de l’eau, des représentants de la finance, le préfet… a été rendue publique, pour montrer que tout allait se mettre en route rapidement. Il faut en effet beaucoup d’électricité et de gros data centers pour faire tourner les jeux électroniques en ligne, beaucoup de trains pour amener les visiteurs au Parc. Sans parler des moyens de surveillance de masse pour garantir la «  sécurité  ». Tout ce qui sera mis au service de ce complexe de jeux sera autant de moyens en moins pour satisfaire les besoins des milieux populaires. C’est ce qu’on a vu au moment des JO, que les usagers populaires d’Ile-de-France continuent de « payer » quotidiennement, avec la dégradation des transports publics, du système de santé et d’éducation.

Le ministère du tourisme applaudit aussi, affirmant que la saison 2026 a été bonne, passant sous silence les conséquences de la canicule, des feux, des tornades… qui ont frappé plusieurs régions, notamment des régions touristiques. C’est à l’image de Macron qui fait du jet ski et se fait photographier, au moment des grands feux.

Ce projet est un pur produit du « choose France », ce rassemblement annuel où se discutent et s’annoncent les investissements étrangers en France. Macron et ses ministres mettent en avant les « atouts » économiques, qui tournent autour de la production de grandes quantités d’énergie électrique d’origine nucléaire, des infrastructures qui relient les grands pôles économiques et les possibilités d’aides financières, fiscales et autres, dont peuvent bénéficier les monopoles étrangers.

Ben Salmane vient y faire ses affaires, investissant dans des projets en France et poussant les monopoles français à venir investir en Arabie saoudite, pour être présents sur les marchés internationaux, ouverts par le «  hub  » commercial et financier que représente l’Arabie saoudite, entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie. Les guerres locales et régionales (au Yémen, au Soudan, en Syrie, et aujourd’hui, contre l’Iran) font partie des risques et imposent des engagements militaires que l’impérialisme français sera obligé d’assumer – et qu’il assume déjà en livrant des armes en quantité, en participant à des opérations militaires. La guerre d’agression des USA et d’Israël contre l’Iran et les ripostes de ce dernier, qui ciblent notamment des Etats du Golfe, font partie des risques et des «  opportunités  » qui accompagnent les contrats.

Les jeux électroniques qui seront une part importante des attractions proposées – et payantes – visent principalement les jeunes, attirés par les simulations en ligne de compétitions sportives. L’E-sport, avec 500 millions de membres au niveau mondial, est un domaine où l’Arabie saoudite joue un rôle moteur. Il ne faut pas perdre de vue que ces jeux servent à former les soldats qui pilotent les drones.

Le Pentagone l’a très bien compris et l’Ukraine est le plus grand terrain d’application en Europe. ★