Parti Communiste des Ouvriers de France

Les mégafeux de l’été : Une crise climatique qui ne peut plus être niée
08 septembre 2026

« Gouverner c’est prévoir » tout le monde connait cette célèbre maxime.

De ce côté-là, ceux qui nous gouvernent non rien prévu ou plutôt, devrait-on dire, non rien voulu prévoir concernant le changement climatique alors que tous les scientifiques alertent depuis plusieurs dizaines d’années ! La Une de notre journal sorti début juillet titrait, à propos de la gestion des canicules  : «  Gouvernement incapable ! ». Incapable de nous protéger des effets de la canicule (en adaptant nos logements, en prévoyant des lieux pour nous rafraichir), incapable surtout de mener une politique qui, d’une part, permette de nous adapter à ces changements, et, d’autre part, agisse pour limiter au maximum ce réchauffement.

Las, après les canicules, se furent les incendies qui allaient se multiplier durant les mois de juillet et aout dans tout le pays, non seulement dans les zones du Sud-Est et du Sud-ouest, mais y compris en Bretagne et jusqu’à la forêt de Fontainebleau en région parisienne !

Et ces incendies, alimentés notamment par la sècheresse exceptionnelle de cet été, ont mis en lumière les choix politiques mortifères de nos dirigeants au service exclusif des intérêts des monopoles, ceux de l’agrochimie, de l’agrobusiness, des constructeurs automobiles, des bétonneurs Vinci, Bouygues, et Cie,… Ils préfèrent soutenir les projets inutiles, coûteux et dangereux, responsables de dégâts humains et environnementaux considérables, quand ces projets ouvrent des marchés à ces mêmes monopoles.

Car les différents gouvernements qui se sont succédé, et en particulier ceux de Macron pour les dix dernières années, ne nient pas les changements climatiques. Non seulement ils ne les nient pas, mais chaque gouvernement a nommé un ministre de l’Écologie dont la lutte contre les causes du changement climatique et ses conséquences est supposée être la priorité. Or, la réalité a montré qu’il n’en est rien, car que pèse le ministre de l’Écologie face par exemple à celui de l’Agriculture dont le nom est chuchoté par la FNSEA à l’oreille du Premier ministre quand celui-ci forme son gouvernement  ? Faut-il rappeler avec quelle violence l’Etat a réprimé l’opposition populaire à la mégabassine de Sainte-Soline ?

La question de l’eau, de sa répartition pour l’ensemble des usages commence à devenir un enjeu d’autant que la sécheresse de cet été a mis de nombreuses rivières à sec et fait baisser dangereusement le niveau des nappes phréatiques. Or, ces étés secs vont se multiplier et poser de façon toujours plus cruciale l’accès à la ressource hydrique. Qui aura un accès prioritaire à cette ressource ? Pour quels usages ?

Combien va-t-on nous la faire payer ?

La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, vient de dévoiler, vendredi 4 septembre, son plan d’aide aux agriculteurs : 1 milliard d’euros pour les exploitations touchées par la sècheresse. Les réactions du monde agricole ne se sont pas fait attendre.

Pour la FNSEA, on est bien loin du compte  ! Quant à la Confédération paysanne, vent debout après ces annonces, dénonce «  un plan scandaleux face à une crise historique  :*

4 fermes sur 5 laissées sur le carreau  » ! Bref, un plan qui mécontente tout le monde.

Plusieurs spécialistes de ces questions dénoncent le choix « d’injecter de l’argent public pour maintenir un modèle agricole qui dépend d’une ressource (en eau) qu’il contribue à détruire » et déplorent que l’« on finance la continuité d’un modèle qui assèche le territoire ». Quant aux services publics d’incendie et de secours (SDIS) qui ont cruellement manqué de moyens pour combattre les feux, notamment ceux de Gironde, ils ont eux aussi été victimes d’un choix politique dont on sait les conséquences dramatiques en termes de dégâts humains et environnementaux.

S’il est sûr que ce gouvernement et son président ne survivront pas à l’échéance électorale à venir, ces élections ne remettront pas en cause un système qui nous conduit droit dans le mur ! C’est pourquoi, face à cette situation, nous devons travailler à ce que la colère qui s’est souvent exprimée cet été devienne un ferment d’engagement pour la lutte collective et organisée contre ce système broyeur de vies, pour un changement révolutionnaire d’ordre social. ★