Parti Communiste des Ouvriers de France

Ukraine : Ni Poutine, ni Otan, ni « défense européenne »
08 septembre 2026

La guerre en Ukraine se livre de plus en plus à coups de drones, de missiles et de bombes planantes frappant des bâtiments d’habitation, des centres commerciaux, des installations électriques… bref des cibles «  civiles  ». Les lignes de front ne bougent guère, ce qui ne veut pas dire que les pertes militaires diminuent, mais le «  front  » s’est déplacé vers les villes, les zones d’activité, à des centaines de kilomètres de la ligne séparant les forces armées. Un des objectifs de ces frappes, qui ne peuvent être dissimulées aux médias, est de provoquer des réactions dans les populations civiles, contre le pouvoir, et de «  démontrer » que l’ennemi est barbare, qu’il ne cherche qu’à détruire et que ses déclarations en faveur d’une paix sont mensongères.

Ceci dit, cette guerre qui s’enlise, qui coûte de plus en plus cher et qui pèse de plus en plus sur les peuples des Etats belligérants, notamment sur la jeunesse, suscite une opposition aussi bien en Russie qu’en Ukraine et, plus largement, dans tous les pays d’Europe. Le « non à la guerre », le refus des jeunes de servir de chair à canons, l’opposition ouvrière et populaire aux politiques d’austérité, de surveillance et de répression qui accompagnent la militarisation des sociétés, se développe. La lutte pour lui donner une orientation progressiste, anti-impérialiste, est à l’ordre du jour dans tous les pays, notamment au cœur des puissances impérialistes qui poussent à la militarisation et à la guerre. L’impérialisme français en fait partie.

La guerre en Ukraine est une guerre inter-impérialiste , dans laquelle un des protagonistes, l’impérialisme US, reste présent à travers l’alliance politico-militaire qu’il dirige, à savoir l’Otan. Mais il cherche un accord avec l’impérialisme russe pour pouvoir réduire son propre engagement militaire dans cette guerre. Il veut notamment réduire les ventes de systèmes de missiles anti-missiles et les missiles à longue portée, dont le nombre a été réduit du fait de sa guerre d’agression contre l’Iran.

Ces deux grandes puissances impérialistes, les USA et la Russie, ne veulent pas s’affronter directement en Ukraine. Biden, qui est allé très loin dans la confrontation verbale avec Poutine, a toujours évité un engagement direct des forces US. Il a poussé ses alliés européens à soutenir l’Ukraine, en leur vendant des armes qu’ils ont rétrocédées à l’Ukraine. Avec Trump, les «  alliés européens  » et l’UE en tant qu’alliance économique, sont devenus des rivaux. Et l’Ukraine, un marché, des ressources minières, dont le contrôle devait être négocié avec la Russie.

Les puissances impérialistes qui dominent l’UE continuent à soutenir financièrement et militairement l’Ukraine, qu’ils intègrent de plus en plus dans leur dispositif militaro-industriel . Elles viennent d’accorder un prêt de 90  milliards d’euros pour l’achat par l’Ukraine d’armes et multiplient les coopérations industrielles pour « rapprocher les industries de défense de l’UE et de l’Ukraine ».

La Commission européenne et les principaux dirigeants des puissances impérialistes qui dominent l’UE, développent une intense propagande sur le thème de la guerre d’agression inévitable de la Russie contre un Etat membre de l’UE. Elle serait déjà en cours, à travers des opérations d’ingérence politique –  les opérations de désinformation et les tentatives de manipulations des opinions publiques  –, des envois de drones armés au-dessus de zones sensibles, des tentatives de sabotage… Cette propagande vise à justifier la militarisation de grande ampleur qui touche tous les Etats capitalistes impérialistes et qui pèse de tout son poids sur les travailleurs et les peuples.

Dans ce contexte se développe parallèlement une campagne insidieuse sur le thème « doit-on avoir peur de l’Allemagne  ?  ». Elle s’appuie sur la volonté affichée des dirigeants de l’impérialisme allemand de faire de leur pays la plus grande puissance militaire en Europe. Les tensions entre monopoles de l’armement français et allemands, qui ont abouti à l’arrêt du projet d’avion de combat commun de « nouvelle génération » ou les interrogations sur le projet de «  char en commun  », sont réelles. Elles alimentent la propagande en faveur de l’accélération de la politique de défense européenne, dans laquelle l’impérialisme allemand aurait toute sa place, incluant le volet nucléaire, dont est porteur l’impérialisme français et qu’il s’est dit prêt à partager.

La dénonciation de l’Europe de la défense est partie intégrante du combat contre la militarisation et le danger de guerre impérialiste.

Ni Poutine, ni Otan, ni «  défense européenne ». ★