Parti Communiste des Ouvriers de France

Une rentrée politique dans les starting-blocks des présidentielles
08 septembre 2026

Parmi les 7 candidates et candidats invités à l’université d’été du Medef, six se sont exécutés en détaillant les économies qu’ils réaliseraient pour diminuer la dette de l’Etat et celui de la Sécu, en précisant leurs priorités en matière d’investissements, leurs positions sur les retraites et sur les grandes questions économiques et sociales sur lesquelles vont s’affronter les programmes.

Bardella, qui a dû s’écarter devant sa boss, n’était pas là. Plusieurs dirigeants patronaux l’ont déploré car il s’était montré très ouvert aux demandes patronales en matière de libéralisation de l’économie et qu’il reprend leur exigence de prolonger l’âge de départ légal, bien au-delà des 64 ans.

Certains grands patrons continuent leur pression en taclant Marie Le Pen sur son programme «  social  » (qui est pourtant loin de l’être !) : ils lui reprochent, notamment, sa position sur les retraites et sa promesse de revenir «  progressivement  » aux 60 ans (promesse pourtant purement démagogique, qu’elle ne tiendrait pas si elle était élue). Ce que l’un d’eux a résumé ainsi :

« Elle n’est pas probusiness, elle est pro-électeurs ».

Ceci-dit, le Medef est train de faire évoluer sa position officielle du «  ni-ni  » vers le «  tout sauf Mélenchon ! » . Son président Patrick Martin, qui a affirmé être incapable de dire si Marine Le Pen devait être classée à l’extrême droite, a, en effet, ajouté que le « « vrai problème républicain » lui semblait être « du côté de LFI » .

La tactique de mise en concurrence des candidats déclarés à son rassemblement de rentrée visait à les faire exprimer leur convergence sur la priorité à donner aux intérêts des entreprises françaises tout en faisant de Mélenchon la voix discordante.

C’est le même plaidoyer pro-business que Martin est allé tenir devant l’université d’été du PS. Toutes les universités d’été des formations de la gauche parlementaire ont été traversées par la question des alliances électorales. Avec qui seront Les Verts de Marine Tondelier, qui n’arrivent pas réellement à se faire entendre, alors que l’écologie est devenue une question centrale ?

Comment se positionner par rapport à LFI, alors que Glucksmann, qui se voit déjà le candidat soutenu par le PS, exclut toute alliance avec la formation de Jean-Luc Mélenchon ?

À son université d’été, le candidat des Insoumis a mis l’accent sur la dénonciation du bloc central et sur «  la conversion de la droite et du centre, en un bloc idéologique unique avec le RN  » . Il a flatté les Verts très courtisés pour leur clairvoyance « avant tout le monde » sur la crise écologique et les a été invités à venir «  fonder la République écologique  » avec LFI. Fort des sondages qui le mettent en tête des formations de gauche, et soucieux de ne pas se mettre à dos leurs électeurs, il a évité d’attaquer les candidats qui s’en réclament…

Le PCF était absent, car son candidat Fabien Roussel ne s’était pas encore déclaré. C’est chose faite. Il met l’accent sur le travail, la réindustrialisation et le refus de la décroissance énergétique en espérant pouvoir couper l’herbe sous les pieds du RN qui essaie de gagner l’électorat ouvrier.

Concernant le combat contre le parti d’extrême droite, comme nous l’avons déjà souligné à plusieurs reprises, ce sont ses idées, ses actes, sa politique concrète, qu’il faut dénoncer. Et là, ses ambiguïtés et ses louvoiements sur les questions du changement climatique, sa politique là où il dirige une collectivité, en disent beaucoup.

Ses propositions, la clim pour tous, pour faire face au réchauffement climatique et aux canicules sans toucher aux profits des entreprises apparaissent dérisoires et qui plus est totalement contre-productives. C’est pourquoi ses élus, dans les communes touchées par les incendies, n’ont pu ni se mettre en avant, ni faire la démonstration de leur « différence ».

Ce qui a été déterminant, et qui a été retenu, c’est l’immense élan de solidarité concrète et active avec les pompiers et avec les populations sinistrées.

Cette rentrée marque donc le lancement de la campagne pour les présidentielles, qui va dominer toute la séquence politique à venir. La pression est et sera énorme pour focaliser les débats autour d’une possible victoire du RN et des combinaisons électorales qui pourraient l’empêcher.

Nous interviendrons sur ces questions, mais l’urgence est de travailler à construire les résistances à la politique de méga-austérité, de militarisation, de renforcement du contrôle, de la surveillance et de la répression de la contestation sociale, de divisions… : une politique qui est déjà en mise œuvre et que l’extrême droite soutient déjà.

Ce qui doit être au centre de cette rentrée et qui doit donner le ton pour toute la période électorale, c’est la solidarité avec ceux qui se battent et le travail pour réussir les mobilisations à venir. ★